Communiquer sur ses engagements sans tomber dans le greenwashing
Valoriser vos actions durables de façon honnête et crédible, en évitant les pièges qui décrédibilisent une démarche sincère.
Défi · Engagement des publics · 8 min
Une conversation à conduire, réplique après réplique
Le buffet du petit-déjeuner compte sept produits. Trois sont réellement locaux (les œufs de Saint-Just, le miel de Chalmazel, les pommes d'un verger à huit kilomètres), quatre ne le sont pas (le pain de mie, la confiture, le jus d'orange, les céréales). La vitrine, elle, affiche « produits locaux » sans plus de détail.
Vous jouez : Réceptionniste de l'hôtelEn face : Un client au comptoirL'échange est terminé.
Un client au comptoir« Franchement, vous mettez « produits locaux » sur la porte, et j'ai eu du pain de mie sous plastique et de la confiture industrielle. C'est un peu facile, non ? »
Vous« Tout est local chez nous, nous travaillons avec des producteurs du Forez. »
Le client regarde le buffet par-dessus votre épaule. Il a déjà la réponse.
Un client au comptoir« Alors expliquez-moi comment on fait pousser des oranges dans la Loire. »
Vous« Vous marquez un point, et je me suis avancé. Le jus et le pain, non. Les œufs, le miel et les pommes, oui, et je peux vous dire d'où. »
Se reprendre coûte moins cher que persister : le client range son téléphone.
Un client au comptoir« Allez-y, montrez-moi. Parce que j'ai regardé, moi. »
Vous« Les œufs viennent de Saint-Just, le miel de Chalmazel, les pommes d'un verger à huit kilomètres. Le pain, la confiture, le jus et les céréales, non. Trois sur sept, et nous ne l'écrivons pas assez clairement. »
Un client au comptoir« D'accord. C'est déjà plus honnête. Et vous allez changer quelque chose, ou pas ? »
Vous« Deux choses, et je m'y tiens : nous cherchons un pain livré avant sept heures, et nous ferons nos confitures dès la saison des fruits. Le reste, je ne vous le promets pas. »
Vous avez reconnu la part vraie du reproche, montré l'inventaire produit par produit, et promis deux choses que la maison sait faire. C'est exactement ce qu'un client attend : pas un buffet parfait, une parole qui correspond à ce qu'il a dans son assiette. Ce client-là écrit rarement un avis négatif, et il revient.
Le débrief
Un client qui conteste votre discours ne cherche presque jamais un remboursement : il cherche à savoir si on lui a menti. Trois réflexes décident de la suite. Reconnaître d'abord la part vraie de son reproche, parce que c'est elle qui vous rend crédible sur le reste. Montrer ensuite, produit par produit, ce qui est local et ce qui ne l'est pas, parce qu'un inventaire vaut mieux qu'une affirmation. Ne promettre enfin que ce que vous savez tenir, parce qu'une promesse en l'air se retrouve dans l'avis du lendemain. Contredire, esquiver ou renvoyer à la direction ferme l'échange en une phrase, et le client repart avec la seule chose qu'il redoutait : la confirmation que l'affichage ne veut rien dire.
Valoriser vos actions durables de façon honnête et crédible, en évitant les pièges qui décrédibilisent une démarche sincère.
Comment un restaurant a rebâti sa carte autour des producteurs du Forez, avec les obstacles rencontrés et les solutions trouvées.